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 — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »

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Garrett J. Moriarty
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MessageSujet: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Jeu 17 Mai - 21:36



“ The fair sex is your department. ”
Not my division.


    Garrett était installé confortablement par terre en plein milieu du terrain de Quidditch de Poudlard, les fesses sur ce beau gazon tellement bien entretenu qu’on pouvait aisément croire qu’il était synthétique. Il tenait négligemment une cigarette dans sa main gauche, laissant penser qu’il avait oublié sa présence, jusqu’à ce qu’il l’amène tranquillement à ses lèvres et tire paresseusement dessus. Il ne s’inquiétait pas qu’un professeur puisse le surprendre. Tout d’abord parce qu’il n’était pas un élève, et également parce qu’il n’était pas une connerie près. Il avait commencé à l’âge de onze ans, et il continuait encore aujourd’hui alors qu’il avait à présent trente-cinq balais tout crachés. Qui l’aurait cru ? N’est-il pas dit qu’un jour tout le monde grandit ? Tôt ou tard ? Mouais. Pour Moriarty, cela semblait assez mal parti. Mais bon. Comme l’ont dit : qui vivra verra. S’il vit jusque là. Enfin bref, passons. À quelques mètres de lui se tenait le petit Hamish. En position debout, de profil, il tenait dans ses mains une batte qui ressemblait très fortement à une de baseball. Ce qui n’était évidemment pas une, car on ne pratique pas de sports moldus ici. Cela serait très mal vu. D’ailleurs, il n’avait jamais compris cette idée, ce principe de ne jamais faire comme les moldus, parce que c’est dégradant. Certes, ils n’ont pas la magie, mais ils ont prouvé à bien des égards qu’ils étaient aussi développés que les sorciers. Juste, d’une manière différente. Il inspira profondément une dernière bouchée de cette merveilleuse fumée toxique, avant de la souffler au loin, se mêlant aux nuages voguant agréablement dans le ciel. Il ferma les yeux, appréciant la douceur de la caresse du vent sur son visage commençant à être touché par le temps, mais pas moins séduisant. L’air était frais, et bien qu’il ne pleuvait pas, ne serait-ce qu’une légère bruine, les élèves avaient préféré rester au chaud à l’intérieur du château, sûrement dans leurs salles communes respectives, au coin du feu. Il eut un sourire nostalgique en repensant à ses soirées au coin du feu avec ses amis rouges et ors. Même parfois, Ewart les rejoignait, sous le regard d’abord désapprobateur de ses camarades. Son estomac se serra imperceptiblement, mais assez fort pour qu’il fasse la grimace. Il fallait qu’il arrête de penser à cela. Ces souvenirs le blessaient plus qu’autre chose. Mais en même temps… En même temps, c’était le bon vieux temps, s’il pouvait l’appeler de cette manière. Et l’expression en elle-même voulait tout dire. De plus, ces moments étaient des parties intégrales de sa vie. Il ne pouvait pas les renier aussi facilement. Bien que des fois il le souhaitait vraiment. Notamment quand il était en présence de cet assistant de professeur. Il se sentait comme avec Thomilius, et cela le dérangeait très fortement. Il était… comme une drogue. Ouais. Voilà, c’est exactement le terme : une drogue. Enfoiré.

    Il fut sorti violemment de ses pensées par un coup brut qui résonna partout dans le parc. Il ouvrit les yeux brusquement, s’aveuglant pendant quelques dixièmes de secondes à cause de cette lumière blanche traîtresse et porta son regard sur le jeune adolescent. Celui-ci était un ancien moldu, rendu magique par son meilleur ami. D’après ce qu’il avait compris de son histoire – il fallait dire qu’il parlait très vite et était tout excité tout le temps, on pouvait le comparer à un petit chiot des fois – il s’extasiait de toute cette sorcellerie, et voulait apprendre au plus vite l’utiliser à bon escient. Avec certains de ses amis, ils avaient même fondé la Dream Team. Cela l’avait fait sourire. Étrangement, ce garçon le faisait penser à lui au même âge. Du coup, il lui avait promis qu’un après-midi, il lui enseignerait les bases du Quidditch, notamment se défouler en frappant dans des cognards. Ce qu’il avait fait lui pendant cinq bonnes années. Il pensait avoir assez d’entraînement pour pouvoir initier un adolescent en pleine possession de ses moyens. « Non non. Tu n’as pas le bon timing. Attends deux secondes et treize dixièmes de secondes de plus. » Hamish se tourna vers lui, en fronçant les sourcils. L’ainé soupira et écrasa sa cigarette avant de la remettre dans son paquet. Bah ouais, malgré les apparences il avait un minimum de respect, quand même. C’était quelqu’un de civilisé, malgré tout. Bien que des fois il aimait bien se comporter comme un homme des cavernes. C’est rigolo. Bref. « Juste… juste tape quand je te dis de le faire, okay ? » En réponse, son interlocuteur hocha la tête pour lui signifier qu’il avait bien compris ses attentes, et qu’il comptait les mettre en pratique. Le cognard arriva une nouvelle fois à la charge, droit sur Hamish qui l’harcelait de coup depuis tout à l’heure. Ce dernier avait le visage concentré, près à danser lorsque le plus âgé le lui permettra. Il ne trembla pas, ne cilla pas une seule fois de peur ou de nervosité lorsque la grosse méchante boule descendit en piqué droit sur lui. Et frappa pile au bon, au bon angle quand Garrett lui gueula après de sa grosse voix grave et cassée. C’était clair et net. Ce petit avait un swing d’enfer.

    Garrett se promenait tranquillement – sans grand but, juste posant un pied devant l’autre à chaque pas – dans les rues de Pré-Au-Lard qui étaient également désertes. C’était étonnant le décalage d’ambiance qu’on pouvait y trouver selon les moments de la journée. C’étaient les élèves qui faisaient le plus, le petit village n’étant ici que pour Poudlard. Mais bon, même quand ils n’étaient pas là, les petits commerçant sortaient de leurs trous pour pouvoir aller se boire une bierraubeurre aux Trois Balais. Mais là, comme je l’ai déjà indiqué précédemment, il faisait assrez frisquet du coup, les gens préféraient tous se terrer chez eux. Lui, non. Il aimait bien penser à l’air frais et pur. Ses souvenirs dérivants et revenants le hanter sans prévenir. C’est vrai qu’il se sentait particulièrement nostalgique aujourd’hui, comme si quelque chose allait subitement lui arriver. Mais il n’arrivait pas à définir quoi. Ce n’était sûrement qu’une sale impression. De plus, il n’y avait aucune raison particulière. Rien n’était vraiment prévu aujourd’hui. Juste une petite soirée en compagnie de Gregory. Il sourit à la pensée du bel homme. Leur relation était vraiment très étrange, mais il mentirait s’il disait que cela ne lui plaisait pas. Certainement pas sex friends parce qu’il n’avait pas couché ensemble. Pas non plus dans une relation de couple, bien que cela s’en rapproche plus. Et ils n’étaient certainement pas officiels. Ce qu’il appréciait sûrement le plus, en fait, c’était qu’aucun ne se posait de question. Ne serait-ce qu’à voix haute, ou juste à soi-même. Même si, d’après son expérience, était également le plus gros risque de pétage de plombs dans leur relation. Mais bon, comme je l’ai déjà dit une fois – je vous interdis de dire que je radote – : qui vivra verra ! En tout cas, il avait hâte de se retrouver dans ses bras – ou inversement proportionnel – pelotonné sur le canapé entrain de regarder un truc moldu sur ce qui semblait s’appeler une télévision. Et surtout pouvoir l’embrasser en paix sans qu’ils se préoccupent de la possibilité que quelqu’un les voit. Il sourit une nouvelle fois à cette pensée, et lança sa cigarette dans les airs en la désintégrant en plein vol grâce à sa baguette magique toute puissante. Ouais, c’était trop la classe, ça. Alors qu’il se remettait de ses émotions par rapport au fait qu’il avait trop de swagg, il fronça les sourcils, apercevant cinq menaçants silhouettes s’approcher de lui.

    Il courut à perdre haleine. Ça y est, maintenant il était en retard. Lui, qui avait réussit à être à l’heure à tous ses rendez-vous depuis qu’il fréquentait ce bel assistant. Et oui, tout le monde prend des bonnes résolutions. Cependant, il n’y a que les meilleurs qui arrivent à s’y tenir ! Et cela avait été un franc succès pour Garrett. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’il rencontre ces enculés d’aurors qui se croyaient tout permis. Non mais je vous jure. C’est pas parce qu’on est haut gradé au Ministère de la Magie qu’on avait tous les droits. Surtout pour faire manquer un rencard qui comptait à Moriarty. Il accéléra la cadence, ignorant ses poumons qui hurlaient pour de l’oxygène, et essuya distraitement du sang qui coulait de sa lèvre inférieure fendue. Il monta les marches quatre à quatre jusqu’au quatrième étage où il savait Gregory avait son appartement. Il ne prêta pas attention aux quelques élèves qui restaient et le regarder d’une manière parfois surprise, ou choquée, inquiète, ou même dégoutée. Il avait le visage lacéré, des vêtements en piteux états, et sûrement quelques blessures cachées sur le corps. Il le savait, mais ce n’était pas aussi important que le fait qu’il était à la bourre putain de merde. Arrivé enfin là où il voulait, il ne prit pas le temps d’essayer de se recoiffer, de reprendre son souffle ou même d’être un peu plus présentable. Non. Il ouvrit la porte à la volée, pénétrant vivement chez son… amant ? « Je… je suis telle…ment désolé… Greg. Je suis… en retard. », réussit-il plus ou moins à articuler entre deux laborieuses inspirations. Il mit les mains sur ses genoux, et s’appuya contre la porte qui était à présent fermée et derrière lui. Maintenant qu’il reprenait peu à peu ses esprits, il sentit les nombreuses ecchymoses qui jonchaient son visage, son torse et ses cuisses. Et il ne pouvait nier que cela commençait quelque peu à faire mal.
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Gregory J. Malkin
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MessageSujet: Re: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Sam 19 Mai - 18:21

    Il réfléchissait trop, Gregory en était conscient. Cela faisait une heure qu’il tournait en rond dans son salon, ou plutôt la petite pièce menant à sa salle de bains et sa chambre qui lui servait de salon. D’un râle, il s’effondra sur le canapé rayé bleu foncé, suivi d’un bond par Houdini, qui profita de son affaissement pour s’installer confortablement sur le ventre de son maître. Grattant derrière les oreilles de la bête, le magicien consulta pour la énième fois sa montre, ce qui ne fit qu’aggraver sa frustration. Il avait une demie heure de retard déjà, même plus. ‘Il’ c’était Moriarty, Garrett de son prénom, le propriétaire du magasin de farce et attrapes. Ils s’étaient promis de se retrouver ce soir dans les appartements de Greg pour regarder un film sur la télévision de ce dernier, récupérée sur le marché noir pour qu’elle puisse fonctionner à l’intérieur de Poudlard. Une soirée tranquille entre amis, en somme ; enfin, pas exactement… Gregory rougit brutalement, se souvenant soudain de la raison qui le poussait à fulminer seul dans son domicile. Sa relation avec Garrett était trop compliquée pour qu’il puisse la qualifier d’amicale sans se mentir honteusement. Et si l’affaire s’était autant compliquée, c’était de sa faute. C’était lui qui avait embrassé son aîné un soir qu’il était complètement soûl, décidant dans l’instant que c’était la chose la plus naturelle à faire face au sourire moqueur de son compagnon de beuverie. Si seulement il avait su dans quel pétrin il se fourrait… Le lendemain il s’était réveillé, encore tout habillé, dans le lit de Garrett, bien trop confortablement installé entre les bras de ce dernier. Passant sa langue sur ses lèvres, le blond sentit brutalement tout un tas de souvenirs remonter en lui : la chaleur du corps du sorcier pressé contre le sien, sa main dans ses cheveux quand il l’embrassait, son incapacité à faire un thé digne de ce nom, sous prétexte que le café, c’était ‘mieux’ et tant d’autres petits détails accumulés au fil des semaines.

    « Merde. » Le juron s’échappa des lèvres de Gregory, et il passa sa main sur son visage. Il n’avait aucune idée d’où il en était avec cet homme qui bousculait toute sa sexualité sans la moindre gêne, s’imposant dans son esprit comme s’il avait plein droits dessus. S’imposait dans sa routine, aussi, avec un naturel déconcertant, comme deux engrenages complémentaires mais insoupçonnés. Ils étaient presque un couple, si leur relation n’avaient pas été à la limite du platonique, par le choix du Malkin : tout était encore trop nouveau, trop brut pour qu’il puisse accepter cette nouvelle expérience d’un coup. Il n’était pas homosexuel, ni encore bisexuel ; cela, il le savait. Il avait toujours aimé les femmes, leurs courbes, leurs lèvres, leurs démarches… Mais maintenant, il y avait ce beau brun, avec son sourire horriblement tentant, narquois même quand il ne s’agissait que d’allumer une cigarette. Et ce n’était pas comme s’il avait jamais vécu quoi que ce soit de similaire auparavant : ce n’était certainement pas avec Jeff ou Elias qu’il serait pris de l’envie de mordiller leurs lèvres inférieures, comme il l’aurait d’ores et déjà fait à Garrett si ce dernier avait bien voulu être à l’heure. Se levant d’un coup sec – au grand mécontentement de son chat qui partit bouder sur le tapis de la salle de bains – il se dirigea vers la salle de bains, histoire de se passer un peu d’eau sur le visage. Il y avait tant de raisons pour expliquer le retard de sieur Moriarty : lorsque l’on tenait une boutique, il suffisait d’un client un peu trop bavard ou indécis, d’une livraison manquée, pour que la fermeture soit décalée de deux heures ou plus. Seulement, il avait toujours été à l’heure jusque ici, et Greg ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, connaissant le caractère de son… son quoi ?

    Heureusement, avant qu’il ne puisse pousser la réflexion plus loin, la porte d’entrée s’ouvrit violemment, laissant entrer une voix plus cassée que d’habitude, tandis que Greg passait sa tête par la porte d’une façon un peu trop joyeuse. Ceci dit, la joie ne dura pas, face à l’état de Garrett.

      G2 – Je… je suis telle…ment désolé… Greg. Je suis… en retard.
      G – Putain de…

    L’instant d’après, il était aux côtés de Garrett, qui semblait sur le point de tomber au sol, et l’aidait à s’assoir sur le canapé, et retira sa chemise pour pouvoir observer l’étendue des dégâts. Gregory fit une grimace : l’autre était salement amoché. Lui faisant signe de ne pas bouger, il retourna à la salle de bains, poussant Houdini du pieds afin de pouvoir accéder à son placard de médicaments. Entre la boîte d’aspirine et le dentifrice de rechange, il trouva un petit pot couleur mauve, peut-être un peu trop chaud pour contenir un produit Moldu : face aux nombreux passages de son ami à l’infirmerie suite à une créature magique un peu trop farouche, Ajax avait fini par lui donner une pommade sensée pouvoir guérir une bonne majorité de ses blessures, surtout les magiques. Le fait que le pot soit déjà à moitié vide vous donnera une bonne idée de la fréquence avec laquelle le magicien avait besoin d’y faire recours. Tenant le remède en main, il rentra à nouveau dans le salon, où Garrett semblait caresser négligemment un Houdini quelque peu méfiant mais trop alléché par la promesse de se faire gratter sous le menton pour résister. S’asseyant de l’autre côté de lui, il tourna le visage lacéré vers le sien, et dévissa le bouchon du pot pour s’en enduire les doigts.

      G – Attention, ça va piquer.

    Du bout des doigts, il appliqua la pommade sur la lèvre fendue du sang pur, observant avec curiosité la fumée qui se dégageait à son contact avec la coupure pour ne laisser en s’évaporant qu’une légère cicatrice. Doucement, il continua à guérir les diverses blessures qui marquaient le visage de Garrett, effleurant à peine sa peau avec ses doigts collants de baume, tant il avait peur d’en mettre trop ou d‘appuyer sur un endroit particulièrement douloureux. Lorsqu’il eut fini, il passa à son épaule droite, qui avait visiblement été tordue en arrière par quelque chose… ou quelqu’un. Seulement, cette fois-ci, lorsqu’il appliqua la pommade, rien ne se passa. Visiblement elle ne marchait que pour les plaies ouvertes, Ajax ayant à tous les coups décidé que Gregory devrait supporter ses bleus comme un homme, à moins qu’il ne s’agisse d’une entorse ou autre problème méritant l’attention de l’infirmerie. Aussi ce dernier retourna-t-il à la salle de bains déposer le pot, et revint avec un sac de glaçons qu’il apposa sur l’épaule de l’homme. Puis il hésita un instant, avant de finalement s’accroupir à côté de Garrett, les bras croisés sur son genou.

      G – Bordel Garrett, mais qu’est-ce qui t’es arrivé ?
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Garrett J. Moriarty
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MessageSujet: Re: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Sam 19 Mai - 23:06

Spoiler:
 



keep calm &...
... let me be your superman.


    Il fut un temps où la fierté de Garrett était tout ce qu’il avait, et jamais il se serait présenté dans cet état à qui que ce soit. Peut-être à Ewart, et encore. Mais depuis quelques mois, depuis qu’il était parti, tout avait changé pour lui. Qu’est-ce qu’il le détestait pour cela. Il avait le don de chambouler sa vie comme il le souhaitait, sans même à avoir lever son petit doigt. C’était complètement catastrophique, désastreux pour lui et… Et il adorait cela. Littéralement. Et plus le temps passait, plus il se disait qu’il lui manquait quand même une case. Et voilà que maintenant qu’il ne faisait plus parti de sa vie – puisqu’il avait préféré partir en cavale seul, abandonnant lâchement son meilleur ami – une autre personne venait le remplacer, et le mener à la baguette inconsciemment. Le mener à la baguette… C’est vraiment drôle que cela soit cette expression qui est utilisée, car, en effet, Gregory était loin d’être un sorcier professionnel, talentueux, ou même doué. Non pas que cela soit vraiment de sa faute. Mais lorsque l’on a des pouvoirs que depuis quelques mois, à peine, ce n’est pas une chose forte étonnante. D’ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi il le comparait sans cesse à Thomilius, parce que les deux hommes étaient très différents sur de nombreux points. Peut-être parce qu’ils dégageait cette même aura séduisante qui l’attirait inévitablement ? Il grimaça. Il réfléchissait trop, ce n’était pas bon. Ce n’était pas dans son habitude. Il soupira. Décidément, ces deux-là le faisaient vraiment tourner en bourrique, sans même le vouloir. Et le pire, c’est qu’il en redemandait lui-même. Était-il masochiste ? Non, certainement pas. Parce que la douleur qu’il ressentait à ce moment précis était bien loin de lui être agréable.

    Il referma la porte derrière lui et s’appuya contre elle, fermant les yeux et serrant les dents pour essayer de contrôler, d’atténuer cette douleur qui commençait à prendre sadiquement et cruellement possession de son corps. La peine… Voilà une sensation qui est aussi très étrange. En général, on s’habitue à toute chose que l’on côtoie régulièrement. Se lever à six heures et demies du matin, ne pas manger ou manger de la bouffe dégueulasse à midi, devenir végétarien, se prendre des pics à la con de sa petite sœur toute la journée, et j’en passe… Mais non, pas la souffrance, qu’elle soit physique ou psychologique. Et rien ne nous y prépare non plus. La première fois, et les autres aussi d’ailleurs, cela nous tombe sur le coin de la gueule comme un orage qui éclaterait dans le ciel sans prévenir. Wooh ! Je suis un poète. Bref. Passons. Ce qui est également très étrange, c’est que cette douleur ne se manifeste pas de la même manière : brûlure, piqûre, spasmes etc… C’est comme quand les docteurs se croient malins et nous demandent de décrire ce que l’on ressent. Haha, et on a juste envie de leur gueuler : « Putain. J’ai mal ! C’est pas assez clair pour toi ? » Les pauvres… Ils font que leur boulot, après tout. Revenons-en à nos moutons, si vous le voulez bien. Pour la comparaison, c’était comme ce que Garrett était entrain de vivre actuellement. Il venait de se faire agresser, violemment, il y a moins de quinze minutes. Il savait qu’il était blessé, et plutôt assez gravement d’ailleurs, et pourtant il n’avait rien ressenti jusqu’à maintenant. Rien. Sauf son cœur battant à toute allure dans sa poitrine à force de courir et de se tracasser sur le fait qu’il en retard. Putain… En retard quoi ! C’était une deuxième bonne raison d’en vouloir à ces cons qui se prenaient pour les justiciers du monde magique. Les aurors, disait-on. Connerie… Enfin bref. À présent qu’il avait cessé de s’agiter dans tous les sens comme un petit chiot, ou un fou, il sentait étonnamment bien les ecchymoses qui étaient artistiquement bien réparties sur son visage et son corps en général. Heureusement qu’il avait un… ami ? amant ? qui tenait assez à lui pour s’occuper de lui, le soigner avant de poser quelle question qui soit. Il n’eut pas le temps de sourire à l’expression de joie qu’il vit sur le visage de son… bref, de son Gregory, qu’elle fut aussi tôt remplacée par… de l’inquiétude ? de la douleur pour lui ? de la compassion ? Il grimaça. L’inquiéter, c’était bien la dernière chose qu’il voulait faire. Il détestait que l’on s’occupe de lui. Et paradoxalement, cela pouvait être tellement agréable… « Putain de… » Il ouvrit la bouche pour lui répondre, lui dire quelque chose, le rassurer, mais il se sentit vaciller et il serait tombé si le magicien n’avait pas eu la vivacité et la prévenance de le rattraper.

    Il se laissa faire sans rouspéter, ce qui était un grand effort de sa part, et s’assit docilement sur le canapé comme il le lui incitait. « Je vais bien… Je suis juste un peu fatigué à cause de ma course. » Mouais. À peine crédible. Et il le savait. Il savait que l’autre ne le croirait pas. Mais bizarrement, dire ce genre de chose à voix haute, même s’il ne le pensait pas, le réconfortait lui-même, un peu. Il frissonna lorsque celui-ci lui déboutonna sa chemise, consciencieux, et détourna la tête pour qu’il ne puisse pas croiser son regard. Combien de fois avait-il souhaité, rêvé que cela se produise ? Dans des conditions différentes, bien sûr. Mais il n’en avait jamais rien fait. Ne lui avait fait jamais fait d’avances de ce genre. Il savait que Gregory se considérait encore comme hétérosexuel – et ce n’était certainement pas lui qui allait l’en blâmer mais les femmes… c’est juste magnifique – malgré le fait que cela soit lui avait fait le premier pas, et qu’ils entretenaient une sorte de… relation depuis quelques semaines déjà. Enfin bon. Doucement. Il s’était dit qu’il allait y aller doucement. Bordel. Mon Dieu… Qu’est-ce que c’était frustrant !

    Il fut sorti de sa rêverie – de son fantasme – alors que son souffle chaud, sa présence, son corps s’éloignait de lui. Il faillit grogner dans la frustration, dans l’irritation et lui demander de revenir auprès de lui. Mais il savait que dans tous les cas, il se serait fait envoyer bouler. Alors il se mordit la langue et attendit patiemment qu’il revienne, avec un pommade sûrement. Il s’installa confortablement, se mit dans une position semi-vautrée semi-allongée, et se fit attaquer par un chat en manque de câlins qui lui sauta sur les genoux. Il lui fit d’abord la grimace, lui tira la langue et lui fit de méchants miaulements qui ressemblaient plus à des couinements pour le faire partir. Mais l’animal le regarda d’un air d’autoroute et tourna avant de se rouler en boule et se coller contre Garrett. Ce dernier soupira et le gratta distraitement derrière les oreilles, l’entendant ronronner, en attendant sagement le retour du super héros.

    Il revint. Avec une pommade à la couleur étrange mais pas moins belle : violette. Il haussa un sourcil. Pas moyen que ce truc soit moldu. Malgré lui – et ouais, décidément il ne pouvait pas s’en empêcher – il fit un sourire en coin, les yeux pétillants de malice et de provocation, mais se pencha encore un peu plus en arrière dans les moelleux coussins, s’abstenant de tout commentaire. « Attention, ça va piquer. » Il voulut protester, mais avant qu’il n’ait pu dire quoique ce soit, le magicien avait fourré deux doigts dans cette chose grasse et colorée pour le lui appliquer sur la lèvre inférieure, qui avait pris cher. Il grogna et grimaça en même temps. Ce n’était vraiment pas agréable. Ça piquait. Ce n’était pas logique ! Pourquoi fallait-il que cela fasse mal alors que c’était censé soigner ? C’est une des raisons pourquoi il n’aimait pas les hôpitaux. Parce qu’en plus, là-bas, dans ces endroits sournois, on les obligeait à prendre et à faire des trucs louches ! Comme si en fait leur but était de torturer les pauvres patients, qui ne demandaient qu'à aller mieux. « ... Ça pique. », dit-il un peu juste pour le plaisir de se plaindre.

    Lorsque l’ancien moldu eut fini de s’occuper de lui comme un malade – bien qu’il le soit en fait, d’une certaine manière – qu’il eut froncé les sourcils à la drôle de forme de son épaule droite – en effet ils s’étaient amusés à le maitriser avec cette clef de bras, les enflures – et qu’il s’installa à côté de lui, Garrett repoussa le chat pour pouvoir poser sa tête sur l’épaule de son… amant. « Bordel Garrett, mais qu’est-ce qui t’es arrivé ? » Il voulut hausser les épaules, comme quoi ce n’était pas important, mais ce simple et petit geste lui lança tout le bras droit et il grimaça, une nouvelle fois en l’espace de plusieurs minutes, si ce n’était secondes. Il soupira, et essaya d’ignorer la douleur. « Je me suis fait agresser. » Oui, bon. C’était l’évidence même. Mais encore ? Il souffla, plus que soupira cette fois, bruyamment, et pivota de telle manière que sa tête soit sur les cuisses de Gregory, et qu’il puisse replier son bras droit sur son torse, pour soulager le lancement sourd. « Par des aurors qui étaient venus faire je ne sais trop quoi dans le coin. Ça se trouve, ils étaient venus spécialement rien que pour me voir. » Il eut un rictus entre le mépris et l’arrogance. « Je devais trop leur manquer, en fait. Que feraient-ils sans moi ? » Bon, il savait que c’était vraiment mal placé. Pas fin, et pas du tout intelligent. Qu’il aurait pu trouver mieux, quoi ! Mais il était las de cette situation. Las qu’on le prenne lui, et Ewart par la même occasion, pour des criminels alors que bon, il y avait encore des adeptes de la magie noire, des tueurs, des voleurs, des vrais criminels quoi, qui couraient les rues, et l’homme le plus recherché dans le monde magique était Thomilius. Mais quel foutoir ! Je vous jure… Il tourna distraitement la tête vers la télévision. Il aurait bien aimé regarder un film comme il était initialement prévu. De sorte que son chéri n’ait pas récupéré une de ces machines moldues pour rien. Et puis il devait avouer, qu’il n’en avait jamais utilisé non plus, et qu’il était bien curieux. Mais vu la tournure des événements, de la soirée, cela semblait bien mal parti.


Dernière édition par Garrett J. Moriarty le Sam 26 Mai - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Dim 20 Mai - 16:57

    Spoiler:
     

      G2 – Je me suis fait agresser.

    Oui ça il l’avait deviné tout seul, merci Garrett. Ce dernier soupira, ayant sans doute compris que cette explication ne suffirait pas, et que Gregory ne risquait pas de le lâcher avant qu’il n’ait élaboré. Ce dernier eut un sursaut lorsque le commerçant posa sa tête sur ses genoux, mais ne le repoussa pas. La position ne lui déplaisait pas, et il savait très bien qu’il n’aurait pas eu le courage de l’initier lui-même si tôt dans la soirée. A chaque rencontre, c’était la même histoire : il avait horriblement envie de toucher Garrett, de venir chercher sa main ou ses lèvres avec les siennes, de se pelotonner confortablement contre lui, la tête nichée contre son cou ; mais il n’osait pas, ou alors d’un coup, presque violemment, pour se forcer à passer outre son blocage insensé. Et c’était seulement lorsque l’autre le rassurait, doucement, patiemment, qu’il parvenait à se détendre, à oublier tout ses doutes et profiter de l’instant présent. Aussi reposa-t-il une main sur le sac de glace qu’il pressait contre l’épaule endolorie, cherchant à endormir la douleur.

      G2 - Par des Aurors qui étaient venus faire je ne sais trop quoi dans le coin. Ça se trouve, ils étaient venus spécialement rien que pour me voir. Je devais trop leur manquer, en fait. Que feraient-ils sans moi ?

    Malgré lui, Greg sourit un peu. L’obstination du commerçant à vouloir rire de tout, même quand il n’y avait pas de quoi, était elle-même amusante, presque touchante. Et puis « Aurors » pour lui, c’était avant toute l’homonyme d’Aurore, la Belle au Bois Dormant de Disney ; alors l’image de Garrett se battant un groupe de sveltes blondes chantant dans les bois – et perdant, qui plus est – était, si loufoque, elle aussi plutôt drôle. Que voulez-vous, les nouveaux sorciers apportaient leurs propres connotations au monde qui s’ouvrait à eux, issues d’une culture toute autre. Passons ; malgré son imagination plutôt vivace, il était bien conscient que ce n’était pas la bonne réponse. Pire même, il était sûr d’avoir déjà entendu le terme à plusieurs reprises, Jeff lui en ayant parlé à plusieurs occasions, dans le contexte de ses problèmes personnels, mais également du fonctionnement du monde magique en général. Seulement, il ne se souvenait absolument pas de leurs rôles dans l’univers sorcier du Royaume-Uni. Se mordant légèrement la lèvre inférieure, il se résigna à interroger Garrett, penaud du fait de son ignorance :

      G – Des Aurors ? C’est une sorte de mafia sorcière ou… ?

    Brusquement, ses yeux s’agrandirent. Aurors. Le mot, maintenant qu’il avait écarté la possibilité d’une princesse Disney, lui faisait remonter sous les yeux non pas un trio de sorciers aux accents italiens, mais quatre hommes balafrés, aux regards aussi hostiles qu’officiels, qui l’avaient longuement interrogés avant de finalement le laisser repartir, n’ayant rien trouvé qui justifierait une interdiction de rejoindre Poudlard en tant qu’assistant de professeur. Jamais les policiers de Liverpool, ceux qui l’avaient fréquemment coursé et arrêté dans sa jeunesse, ne lui avaient-ils semblé aussi amicaux qu’après cette rencontre, où il avait senti que le moindre faux mouvement de sa part, la moindre remarque acerbe lui aurait valu plusieurs coups « malheureusement nécessaires » et « justifiés » par son comportement « agressif », comme l’aurait sans doute décrit le rapport. A l’époque, il s’était cru paranoïaque, croyant sa tension du au jeune voyou de son passé venu triturer les nerfs de son corps pour tenter d’y reprendre ses droits, rien de plus. Mais maintenant que Garrett confirmait sa peur, il se sentait mieux. Enfin, mieux. Il était soulagé de ne pas s’être trompé dans ses premières impressions, qui étaient généralement justes. En revanche, les implications pour le monde dans lequel il s’était engouffré n’étaient pas des plus ensoleillées. Sa main était venue se lier à celle du brun au moment de son illumination, et ne l’avait pas lâchée depuis ; au contraire, il l’avait resserrée davantage, comme si briser les articulations de son compagnon aiderait à quoi que ce soit.

      G – C’est ton gouvernement qui t’agresse dans les ruelles comme ça? Au nom de quelle loi ? Comment est-ce qu’ils pourraient justifier un tel acte devant le peuple, les médias ?

    Son regard s’était ancré dans celui du sang pur, devenu d’un bleu presque incandescent sous l’émotion qui l’avait possédé. Il était furieux. Pas seulement parce que c’était ignoble, que les forces de l’ordre de n’importe quel gouvernement ne quittent leurs rôles de protectrices du peuple pour maltraiter ce dernier, sous l’excuse du « bien commun ». Pas seulement parce qu’il avait gardé sa méfiance intrinsèque des autorités, et qu’il était probablement plus rapide à les trouver injustes ou corrompues que d’autre. C’était qu’ils s’en étaient pris à Garrett, son Garrett. Egoïstement, c’était ce qui le mettait le plus hors de lui dans cette situation : s’ils avaient été devant lui en cet instant, ou même s’il avait simplement connu leurs noms, Gregory n’aurait probablement su se contenir, et aurait sans doute fait exception à sa règle de non-violence, baguette magique ou non. On ne frappait pas les innocents, on frappait encore moins ses amis et, surtout, on ne frappait pas Garrett sans raison. Le seul qui pouvait lui envoyer un poing quand il devenait vraiment trop lourd, c’était lui, et lui seul. Et ceci seulement parce qu’il savait que le sorcier n’aurait aucun scrupule à lui rendre la pareille.

    Soudain, le blond se rendit compte qu’il serrait trop fort la main de Garrett, et la relâcha avec un murmure d’excuses, rougissant. Il ne manquait plus que ça, qu’il lui fasse mal à son tour alors qu’il était déjà en suffisamment mauvais état. Un instant, il ferma les yeux, pour soupirer et laisser sortir le maximum de sa hargne par ses poumons. Ceci fait, un peu plus calme mais l’énervement se lisant toujours dans le moindre de ses mouvements, il commença à tracer du bout des doigts les restes de cicatrices qui s’effaçaient progressivement du visage de Garrett. Sa timidité le rendrait parfois maladroit, mais il était encore trop préoccupé par ce qu’il venait d’apprendre pour prendre le recul sur lui-même qui l’aurait gelé dans ses mouvements autrement naturels. Au bout de quelques minutes, il retenta une ouverture, se voulant presque taquin pour masquer son mécontentement.

      G – Qu’est-ce que tu as fait pour « mériter » ça ? Tu as fait exploser une bombe puante dans le cabinet de la Première Ministre ou quoi ?


    Blague à part, il ne serait même pas surpris si Garrett avait réussi à faire exactement cela. L’homme avait un talent pour jouer des tours aux personnages les plus surprenants, et les mieux protégés en théorie.
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MessageSujet: Re: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Sam 26 Mai - 17:43

Spoiler:
 



oooh la love, I've fallen in love, and it's better this time than ever before...
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    Le sac de glace froide sur son épaule meurtrie avait le même effet que cette phrase plutôt débile qu’il avait prononcé tantôt. C’est-à-dire qu’elle le réconfortait, elle apaisait la douleur… un peu. Il ne se voilait pas la face. Il savait que s’il arrivait à ignorer plus ou moins avec succès ses blessures – bien qu’il ne soit pas particulièrement douillet, hein… mais une souffrance n’est jamais agréable, qui que l’on soit, sauf masochistes – c’était surtout grâce à la présence de Gregory, le chaud contact de ses cuisses – même s’il restait le jean, haha – sous sa tête, ainsi que la douce pression de sa main sur la sienne. Les yeux grands ouverts donnant sur ce beau plafond sans fissure, déplaçant imperceptiblement les pupilles pour observer, admirer le beau visage de son ami… Ainsi que toutes les émotions qui passèrent à travers lui, se traduisant par des froncements de sourcils, une moue, une grimace, un mordillement de lèvres… Et plein d’autres expressions tout aussi mignonnes qui lui donnaient envie de ravir ses belles lèvres tentatrices. Mais un peu de retenu, voyons. Il était un Moriarty. Il était un gentleman ! Incompréhension… Mais par rapport à quoi ? Les Aurors ? Il voulut se frapper le crâne. Quel crétin ! Il avait encore oublié qu’il était né moldu au départ, et qu’il n’était sorcier que depuis quelques mois à peine. « Auror » était un terme qui lui paraissait plus que banal aujourd’hui, mais il ne pensait jamais que certains – loin d’être incultes, hein – ignoraient l’existence de ce mot. Comment ils les appelaient déjà chez eux ? Paulisse ? Qu’est-ce que c’était moche comme mot… D’un coup, Garrett regrettait de ne pas avoir plus suivi lors des cours sur l’étude des moldus. Si un jour il avait pensé qu’ils seraient envahis par cette culture non sorcière, si différente enfin de compte, il n’aurait pas autant fait le fanfaron adolescent. Il se sentait un peu con à présent. « Des Aurors ? C’est une mafia sorcière ou… ? » Il explosa d’un rire non retenu, et se tint les côtes qui le faisaient souffrir à cause de ces mouvements brusques. « Ouais, en quelque sorte. » Il lui sourit de toutes ses dents.

    Compréhension… Ses yeux s’étaient soudainement écarquillés dans un souvenir. Et le sang pur sentit la main du magicien se resserrer très fortement sur la sienne. Il grimaça imperceptiblement, mais ne fit rien remarquer. Paradoxalement, ce contact lui faisait du bien, le réconfortait. Mais non, il n’était pas masochiste. De plus, il était à peu près sûr que ce sentiment était réciproque. Il savait qu’en général les gens avaient une mauvaise appréciation du gouvernement et sa police, ce qui était encore plus vrai avec les Aurors. Ce qui n’était pas totalement injustifié. Ces gens avaient tendance à abuser de leur autorité. Mais même s’il y avait des pourris, la majorité en avait fait leur métier par réelle vocation pour la justice. À moins qu’ils soient véritablement mauvais, en général, ils ne tabassaient pas sans raison. Même si celle-ci était légère. Et on connaît tous très bien le côté provocateur très caractéristique des Moriarty. Bien que ce n’était pas non plus lui qui allait nier qu’ils faisaient flipper. « C’est ton gouvernement qui t’agresse dans les ruelles comme ça? Au nom de quelle loi ? Comment est-ce qu’ils pourraient justifier un tel acte devant le peuple, les médias ? » Il était en colère. Pire : furieux. Et Garrett connaissait plutôt bien le magicien maintenant. Il savait que si ce dernier se retrouve en face de ces… enfoirés, il provoquerait une troisième guerre mondiale. D’une part, cela le touchait fortement, de l’autre ce côté impulsif l’inquiétait un peu. Bien qu’on ne puisse pas dire qu’il était lui-même la personne la plus réfléchie au monde. Mais oui, il ne tenait à lui plus qu’il ne l’avouerait. Et ce sentiment lui faisait peur. Les seules fois où il s’était attaché, ces deux personnes avaient quitté sa vie du jour au lendemain, sans prévenir.

    D’autre part, avec cette histoire, il savait qu’il allait devoir tout avouer à Gregory. Pas qu’il en avait honte, mais c’est une partie de sa vie qu’il préférait taire, garder pour lui, pour certaines raisons. Comme la majeure partie, d’ailleurs. Et, entre-nous, il appréhendait pas mal la réaction de son ami. C’était quitte ou double. Il sourit, taquin et séduisant, à son né moldu préféré, lorsque celui-ci se rendit enfin compte qu’il allait lui briser les phalanges, et rougit. Dans un effort monumental, il se releva provisoirement pour déposer ses lèvres sur les siennes. Il en avait eu envie depuis le début. Il retomba lourdement sur le canapé, sa tête sur ses cuisses. Faire des abdominaux alors qu’on avait des ecchymoses sur le ventre était une très mauvaise idée. Néanmoins, son gémissement de douleur fut étouffé par son léger gloussement provoqué par ses plaies qui se refermaient, s’évaporaient en une discrète fumée sucrée, et le chatouillait agréablement.

    « Qu’est-ce que tu as fait pour « mériter » ça ? Tu as fait exploser une bombe puante dans le cabinet de la Première Ministre ou quoi ? » Garrett haussa un sourcil au magicien. Vu de l’extérieur, cela aurait été compris comme quoi c’était une idée des plus étranges, tordue. Mais connaissant le cas, on devinait que c’était une sorte de signe qui vouait dire « bien sûr, tu me prends pour qui ? ». Il haussa les épaules, l’air de rien. « Ouais, mais c’était de bonne guerre. » En effet, Noëlin et lui étaient des amis de longue date, vraiment très proches durant leurs années à Poudlard, ils continuaient à entretenir une bonne relation. Malgré le fait que cela avait changé à cause de l’affaire Fizwizbiz et de sa position à la tête du gouvernement. En soupirant, il lui déposa un dernier et chaste baiser, et s’éloigna de lui, pour s’installer confortablement, un peu vautré quand même, à l’autre bout du canapé, comme s’il voulait se cacher, se protéger de quelque chose. Il passa une main lasse sur son visage, légèrement humide par de la sueur et de cette pommade décidément très bizarre, et s’ébouriffa ses cheveux un peu plus. C’était bien la première fois qu’il hésitait autant à dire ou à faire quelque chose. D’habitude, il se lançait et au diable les conséquences. Mais dès que cela concernait Gregory, et encore plus Thomilius… C’était toute autre chose. Comme quoi, mine de rien, les Moriarty avaient un cœur même si ce n’était pas évident.

    Il se leva, abandonnant sa démarche vantarde et sûre de lui, pour une plus posée, voire fatiguée. Il ouvrit d’une main lente la fenêtre avant de sortir son paquet de cigarette et la fourrer à sa bouche. Il chercha également son briquet dans ses nombreuses poches, qui, certaines, étaient trouées. Oui, il savait bien que les briquets étaient des objets moldus, mais depuis que Malkin lui en avait offert un et lui avait montré comme cela fonctionnait, il en était tombé amoureux. Tombé amoureux de l’ingéniosité des moldus. De plus, il savait aussi très bien que fumer à Poudlard était très interdit, mais c’était une sorte d’habitude depuis ses seize ans. Ouais, il adorait provoquer les gens, et alors ? Il tira sur ce tube toxique, s’empoisonnant ses poumons, ignorant complètement le regard de Gregory sur lui. À la moitié de sa clope, il l’écrasa contre le rebord, et le jeta par la fenêtre. Puis se retourna et s’appuya le dos contre le mur. Il se repassa une main sur son visage. « Écoute, Gregory. C’est vrai que les Aurors sont presque aussi terrifiants que les Détraqueurs, mais… » Il s’interrompu tout seul en plein milieu de sa phrase, et fronça les sourcils. « Euh… Tu sais ce que c’est les Détraqueurs ? Ces grandes créatures noires, flottantes, qui font penser à la grande faucheuse ? » Sur ses dires, il s’était lancé dans une imitation plutôt comique. Comique parce que ce n’était pas très représentatif, et en plus il avait un air particulièrement sérieux. Ce qui était assez inhabituel, aussi. Puis, il soupira, reprit son calme, ressortit une cigarette la mettant entre ses lèvres, mais sans l’allumer pour autant, cette fois. « Enfin bref. Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait, les Aurors, et je suis au courant qu’ils font plutôt peur en général, mais ils ne « frappent » pas sans raison. Et les médias… Même s’ils l’apprenaient, ils ne pourraient que consentir. » Jouant avec sa cigarette entre ses doigts distraitement, il la remit dans son paquet sans l’avoir entamée, et revint à sa place, à l’autre bout du canapé, les pieds sur le dossier, de sorte à ce qu’il ait le magicien en face de lui. « Tu connais l’affaire Fizwizbiz ? Oui, bien sûr que oui, parce que c’est comme ça que tu es devenu… un sorcier. Mais je veux dire : en détail ? » Voilà, la balle était dans son camp, maintenant. Le coup de sifflet de l’arbitre venait de retentir.
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Gregory J. Malkin
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MessageSujet: Re: — Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais. »   Mar 19 Juin - 21:12

      G2 – Ouais, mais c’était de bonne guerre.

    Gregory sourit, encore légèrement rougissant. Le baiser de Garrett l’avait pris de court, et ce fut pire lorsqu’il recommença ; il eut à peine le temps de se rendre compte de ce qu’il se passait et fermer les yeux que l’autre s’éloignait déjà, à sa grande frustration. La chaleur qui avait commencé à monter en lui s’éteint brusquement, lui laissant à la place une sensation de manque assez dérangeante. Il ne se souvenait plus de la dernière fois qu’un simple baiser l’avait mis dans un tel état. Se maudissant intérieurement pour le cliché qu’il suivait, il posa une main sur son torse et sentit son cœur affolé s’y débattre contre un ennemi invisible, avant de venir replanter son regard sur Garrett, qui s’était caché à l’autre bout du canapé. Avant qu’il ne puisse faire un geste en sa direction, il s’était levé, pour se diriger vers la fenêtre et sortir une cigarette ; ce fut avec satisfaction que le magicien l’observa sortir un briquet Moldu et s’en servir pour en allumer le bout : il fallait que c’était tout de même plus discret, plus élégant qu’une étincelle tirée d’une baguette magique. Il le regarda fumer en silence, observant sans honte le mouvement machinal de sa main jusque ses lèvres, son air excessivement pensif, les soulèvements de sa poitrine à chaque inspiration… Brusquement, le commerçant cessa son manège et éteint la cigarette à mi-chemin, la jetant par la fenêtre. Ceci fait, il tourna à nouveau son regard sur l’homme assis sur le canapé, choisissant finalement de répondre à sa question :

      G2 – Écoute, Gregory. C’est vrai que les Aurors sont presque aussi terrifiants que les Détraqueurs, mais… Euh… Tu sais ce que c’est les Détraqueurs ? Ces grandes créatures noires, flottantes, qui font penser à la grande faucheuse ? Enfin bref. Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait, les Aurors, et je suis au courant qu’ils font plutôt peur en général, mais ils ne « frappent » pas sans raison. Et les médias… Même s’ils l’apprenaient, ils ne pourraient que consentir.

    Le blond fronça les sourcils. Il n’acceptait pas l’idée que les médias puissent être autre chose qu’outragé face au mauvais traitement que venait de recevoir son amant. Les seuls moments où les médias montraient ce genre de maltraitance envers un civil était lorsque ce dernier se révélait être un criminel, et un criminel particulièrement important, qui plus est. Or Garrett ne le frappait absolument pas comme étant un membre de cette branche de l’humanité, bien qu’il le voyait facilement faire partie de ces jeunes qui, comme lui, s’étaient laissé embarquer dans des petits trafics ou autres coups louches mais finalement sans grande conséquences sur leurs vies adultes. Inconsciemment, ses doigts vinrent tracer la cicatrice sur sa paume gauche, petit souvenir de la fois où il avait intelligemment attrapé le couteau d’un agresseur dans sa main pour mieux pouvoir l’envoyer contre le mur extérieur du bar, le tout pour une histoire de territoire. Certes, ils avaient tous deux leurs passés, dont ils ne commençaient que tout juste à parler ; mais il connaissait suffisamment bien Garrett pour pouvoir affirmer avec certitude que ce dernier n’irait pas plus loin que si l’homme se trouvait compromis par un crime plus grave que les autres, ce serait simplement dans un moment de colère. Et quand bien même cela arriverait, ce ne serait pas suffisamment pour justifier qu’il se fasse attaquer à n’importe quel moment du jour ou de la nuit par des Aurors ou des Détraqueurs. A cette idée il frissonna : il n’avait encore jamais rencontrées ces créatures, mais à vrai dire il n’en avait pas vraiment l’envie, les descriptions de ces bêtes et leurs capacités lui ayant déjà données une très bonne idée de ce qu’elles pouvaient lui faire. Sur ce, le brun vint se rassoir sur le canapé, rangeant la deuxième cigarette avec laquelle il jouait depuis tout à l’heure dans son paquet, qui disparu entre les mains de Gregory avant qu’il n’ait pu le ranger. Sourire sur les lèvres, ce dernier leva ses mains, comme pour certifier que son tour de passe-passe avait été effectué grâce à de la vraie magie… S’approchant de Garrett, il lui passa une main dans les cheveux, se penchant juste assez au dessus de lui pour lui embrasser la mâchoire, là où elle venait presque rejoindre son oreille. Il allait continuer à descendre en direction de ses lèvres quand, contrairement à son habitude en ces situations, l’autre se remit à parler :

      G2Tu connais l’affaire Fizwizbiz ? Oui, bien sûr que oui, parce que c’est comme ça que tu es devenu… un sorcier. Mais je veux dire: en détail ?
      G – Et comment, c’est la seule chose dont vos journaux parlent en ce moment ! De mémoire, c’est parti d’une histoire de préjudice contre un groupe de sorciers appelés « sang-purs », qui avaient mauvaise réputation à cause d’une guerre il y a un moment… L’un d’entre eux, Mustard, a confectionné des bonbons qu’il a envoyé à un millier et quelques Moldus comme moi, afin de nous donner des pouvoirs et se venger. Depuis, il est introuvable et tout le monde lui en veut. Pourquoi ?

    Il avait l’air fatigué, au bout de ses forces presque, et ce n’était pas que la cause de ses blessures. S’étant légèrement écarté, Gregory s’appuya sur l’un des genoux repliés de l’homme devant lui afin ne pas lui tomber dessus ; inquisiteur, il leva son regard vers celui de Garrett, attendant qu’on lui révèle la cause de ce silence lourd de tension. Brusquement, une nouvelle intuition le saisit, et ses yeux s’agrandirent :

      G – Tu le connaissais…

    Evidemment qu’il le connaissait. Ils étaient commerçants dans le même petit village sorcier, leurs boutiques à deux pas l’une de l’autre ; ils devaient même s’être connus avant, dans cette école même, bien avant que le monde magique ne se rupture et s’écoule. Et s’ils se connaissaient, et si Garrett avait l’air aussi coupable d’un coup, et si le gouvernement sorcier lui en voulait, c’était forcément que…

      G – Garrett. Ne me dis pas que tu es impliqué dans l’affaire Fizwizbiz.

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